Mot du Directeur

M. Ba Abdoulaye Samba
Le Directeur de l'APSDN

Le projet PSDN est devenu autonome. Il s’appelle désormais l’Association pour la Promotion de la Santé à Dar Naim (APSDN). 

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Fonds d'équité

Publié dans statistiques

tivités L’accès aux soins de santé des plus pauvres a toujours été au centre des préoccupations de l’APSDN et de ses partenaires. Mais malgré des tarifs extrêmement bas, certains malades sont incapables de faire face à leurs dépenses de santé. Les difficultés de certains ménages sont temporaires suite à une adversité soudaine, pour d’autres, l’exclusion est beaucoup plus longue.

Pour favoriser l’accès aux soins, le projet a soutenu l’émergence d’une mutuelle de santé. Le droit d’adhésion à la mutuelle est fixé à 300 UM par ménage et les cotisations mensuelles à 130 UM par personne.

Malheureusement, la mutuelle ne s’adresse qu’aux ménages ayant la capacité de payer leurs cotisations.

L’impossibilité pour les ménages les plus pauvres de payer la cotisation à la mutuelle a amené le projet à créer un fonds d’équité pour prendre en charge les soins des malades indigents. 

Le principe repose sur un fonds externe qui paie les soins de santé des personnes identifiées comme trop pauvres pour subvenir à leurs besoins de santé. 

Le fonds d’équité vient en complément, en finançant la prime d’assurance des patients les plus démunis. Cela permet d’offrir aux populations ciblées un service également proposé à l’ensemble de la population, ce qui réduit les risques de fragmentation du système local de santé, de stigmatisation des bénéficiaires du fonds et encourage l’insertion sociale.

Le fonds d’équité couvre tous les soins (y compris le transport) des ménages qui ne peuvent payer ni les soins de santé ni la cotisation à la mutuelle. Selon cette logique, la prise en charge médicale offerte par le fonds d’indigence est plus étendue que le paquet proposé aux mutualistes.

La gestion du fonds est confiée à Mme Kane Fatimétou inspectrice de l’enseignement fondemental qui a développé de fortes compétences en assistance sociale. Elle agit souvent sur la base de suggestions de la population, organise des visites aux domiciles des ménages pour évaluer leur degré de vulnérabilité et d’exclusion sociale. Elle fait valider ses décisions par un comité formé par un représentant de l'APSDN, un conseiller municipal, un représentant de l’hôpital Cheikh Zayed et le président de la mutuelle de santé. 

À la fin de l’année 2014, le fonds recensait 793 indigents. Le suivi des indigents a permis d’observer que 15 familles (251 personnes) ont connu progressivement une situation économique et sociale nettement meilleure. Ces 15 familles ont été retirées du fonds et 8 nouvelles familles (34 personnes) ont été identifiées en 2015 portant le total des indigents à 576 personnes. 

Le fonds a couvert les soins de 1307 malades pour un coût total de 2.824.597 UM dont 88.000 UM en transport soit 3.05%.

Avec l’aide d’un réseau de partenaires, le programme tente progressivement de couvrir d’autres services sociaux pour répondre effectivement aux besoins des ménages indigents. Ceci inclut des activités d’accompagnement des malades et des actions de réinsertion sociale (visites de suivi à domicile, soutien à la scolarisation et à la régularisation de l’état civil, appui au développement de l’activité économique des ménages, et diverses formes d’aides à la subsistance du ménage et à l’amélioration des conditions de vie).

La somme de 249.120 UM a été utilisée pour couvrir des activités génératrices de revenus (AGR), dons en nourritures, documents d’état civil et transport. Ces actions sont réalisées au profit de 09 familles enrôlées dans le fonds.

Ainsi, 1341 personnes (1307 indigents soignés et 34 autres ayant reçu diverses subventions) ont bénéficié d’une action dont le but est de leur assurer une proximité géographique et sociale. 

Depuis leur création, la mutuelle de santé et le fonds de solidarité ont bénéficié de l’appui technique de l’Institut de Médecine Tropicale (IMT) à Anvers (Belgique). Ce partenariat a produit deux ouvrages en 2007 et 2009 et l’organisation en 2013 d’une étude dont l’objectif principal était de «comprendre les raisons de la sous-utilisation des soins par les indigents affiliés à la mutuelle de Dar Naïm, et d’identifier les implications programmatiques de cette analyse pour la prise en charge des problèmes de santé des indigents».

Le suivi de la réinsertion sociale des 15 familles retirées du fonds a fait l’objet d’une documentation qui a servi de base à une étude  réalisée en partenariat avec l’IMT d’Anvers . L’étude a permis d’observer  une confirmation de la non-linéarité de la pauvreté et de la vulnérabilité. En effet à l’épreuve du temps, certaines familles ont régressé, seulement, une minorité arrive à un état de résilience, et une grande majorité reste très vulnérable et avec des besoins accrus d’appui. Les progrès sont souvent freinés par la difficulté d’insertion professionnelle, pour des raisons externes, non vulnérables à l’échelle du programme.

Cependant, le progrès de certains bénéficiaires leur volonté de contribuer au programme, ouvre la possibilité de les transformer en experts du vécu et de les impliquer dans le coaching.

L’APSDN a accueilli du 7 au 12 juin 2015, le professeur Bart Criel de l’IMT et Riet Waltens présidente du Centre de protection et d’Action Sociale (CPAS) de Kruibeke (Belgique). La mission a permis d’explorer les possibilités de développer à Nouakchott un service d’assistance sociale décentralisé et polyvalent à partir des structures existantes de L’APSDN, et plus particulièrement à partir du fonds d’équité. 

Ce service offrirait alors un appui et un accompagnement intégré – au-delà des seuls problèmes de santé – à des individus et ménages confrontés à une situation de grande pauvreté et d’exclusion sociale. 

Un tel service pourrait alors à terme devenir une sorte de « Centre Public d’Action Sociale » (CPAS), adapté au contexte de la Mauritanie, et visant à renforcer les capacités des usagers dans une perspective basée sur les droits. 

Le Pr Criel et Mme Waltens ont eu une série de rencontres avec les cadres de L’APSDN, les autorités administratives et politiques mais aussi des leaders et autres représentants communautaires. 

Le directeur de l’APSDN s’est rendu à Bruxelles du 16 au 26 juin pour visiter et échanger avec des maisons médicales, des mutuelles et des CPAS à des fins d’apprentissage et d’échange d’expériences. Ces rencontres ont suscité  l’intérêt et la possibilité d’un cadre de collaboration entre l’APSDN et les CPAS Belges.

En conclusion, le Fonds d’équité a fait la preuve de sa résilience et de sa pertinence. Le moment est venu de passer à échelle par la création d’un Centre de Protection Sociale (CPS) pour : i) offrir une prise en charge appropriée aux individus et groupes vivant dans la pauvreté et l’exclusion sociale; ii) contribuer à la mise en place d’un système de ciblage des indigents en Mauritanie ; iii) participer au plaidoyer en faveur du renforcement de la prise en charge des indigents.

 

 
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